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Deux mythes de l’airsoft.

Dans ma (encore courte) pratique de l’airsoft, j’ai souvent entendu deux affirmations techniques inexactes. L’une est bénigne et prête à sourire tandis que l’autre peut avoir des conséquences plus douloureuses. Accrochez-vous, ça va être technique !

Ma batterie est faible… je perds des FPS !

Non ! La puissance de votre réplique n’a strictement rien à voir avec le « jus » qu’il y a dans votre batterie ! La raison vient de la manière dont la gearbox fonctionne (cf. vidéo).

En gros, lorsque vous appuyez sur la queue de détente, l’électricité stockée dans la batterie fait tourner un moteur qui, par l’intermédiaire d’engrenages, fait reculer un piston. Une fois ce piston en position de recul maximal, c’est un (gros) ressort qui repousse ce dernier dans un cylindre. Le contenu du cylindre – l’air – est expulsé vers la bille. Elle est ainsi propulsée de manière pneumatique.

La puissance à laquelle le piston est projeté dépend donc uniquement du ressort : les engrenages ne touchant même plus le piston lors de la propulsion ! Mais quelle influence a donc la batterie, me direz-vous ? La cadence ! Plus elle est chargée, plus elle peut délivrer la puissance nécessaire à compresser rapidement le ressort. Lorsqu’elle est plate, le moteur n’est plus assez alimenté et vous ne pouvez plus tirer.

La bille de ma réplique va trop vite à la 0,20…

… il suffit donc de mettre une bille plus lourde pour passer au chrony ! Vrai ? Faux ! Cette affirmation courante est (au mieux) une erreur causée par un manque d’information (ce que nous allons corriger) ou (au pire) une tentative de triche.

Les tests au chrony stipulent que la réplique ne doit pas tirer les billes de 0,20g à plus de X FPS. Mais pourquoi spécifier le poids ? Parce que le fait qu’une bille « pique » est fonction de deux facteurs : sa vitesse et son poids. Ensemble, cela va déterminer l’énergie cinétique du projectile. C’est cette valeur qui est importante !

Rappelons-nous nos cours de physique élémentaires :

Eh oui, ces horreurs ont une utilité ! Cette formule nous apprend que l’énergie cinétique e d’un corps vaut sa masse m multipliée par sa vitesse v au carré, le tout divisé par deux. La masse doit être exprimée en kilo et la vitesse en mètre par seconde. L’utilisation du FPS est une habitude américaine qui, malheureusement, ne fait que rendre les choses plus compliquées. 1 m/s vaut (en gros) 3,28 FPS (pied par seconde).

La gearbox, par l’intermédiaire de l’air expulsé, envoie une force à peu près identique à chaque tir. Puisque e est une constante pour une réplique (tant qu’on ne la modifie pas), la vitesse se calcule comme suit :

Donc, oui, mettre une bille plus lourde aura pour effet de l’envoyer à une vitesse inférieure. Mais elle fera tout aussi mal.

Pour être précis, les terrains devraient donner des limites de puissance en joule. La norme « x FPS à 0,20g » a comme avantage la simplicité. Et si les terrains utilisent leurs billes pour tester c’est, bien sûr, pour éviter toute triche !

Pour info, voici un tableau d’équivalence théorique des vitesses selon le poids, aux vitesses habituelles :

En conclusion.

J’espère que cette brève introduction théorique aux arcanes des AEG vous aura éclairé. À bientôt pour de nouvelles découvertes !

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